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© Alexis Gautheron





LE BARBIER DE SÉVILLE


Projet réalisé dans le cadre d'une commande pour la création d'une opérette.
Réalisation affiche, flyer et programme.

Il y a 200 ans, Rossini s’inspirait de la pièce de Beaumarchais pour composer Le Barbier de Séville. Un vieux barbon tenait sa jeune pupille enfermée pour l’épouser et profiter de son argent.

200 ans plus tard, si la société dans laquelle nous vivons a radicalement changé, l’œuvre reste pourtant d’actualité. Si les formes de l’oppression et de la domination ne sont plus les mêmes, il n’en demeure pas moins que les femmes, dans le fond, sont toujours régulièrement opprimées et dominées. C’est ce constat qui a éveillé en nous l’envie de monter cette oeuvre en revisitant sa forme, pour mieux en mettre en lumière le fond.

Notre Rosine n’est plus une jeune fille, mais une femme qui vit sous la coupe d’un Bartolo plus jeune qu’elle. Cette inversion des rapports met en lumière les inégalités qui frappent notre monde. La situation, plus contemporaine, évoque certaines cellules familiales où le patriarcat laisse invariablement le pouvoir aux hommes de la famille, quel que soit leur âge.

Berta, seul autre personnage féminin, nous offre une version différente du sort parfois réservé aux femmes. Particulièrement maligne, elle contribue à la libération de Rosine en soufflant les bonnes idées à Figaro, mais reste ignorée. En manque de reconnaissance, elle boit en cachette et étouffe de rage et de frustration.

Si nous avons choisi de revisiter l’œuvre sous cet angle, c’est que cette mise en scène s’inscrit dans le cadre plus vaste du projet pédagogique de Malika Bellaribi-le Moal. Son engagement auprès des femmes des quartiers qui composent le chœur va bien évidemment dans ce sens. De là vient également notre volonté de moderniser la mise en scène pour proposer un opéra populaire et élitiste pour tous, dans un souci d’allier démocratisation culturelle et exigence artistique.

Nous avons également souhaité rendre justice à la musique vive et colorée de Rossini en nous inspirant d’une esthétique espagnole pop et kitsch qui évoque les films de Pedro Almodovar. C’est donc un Barbier de Séville revisité, mais absolument fidèle aux enjeux de l’œuvre que nous proposons.

www.malikabellaribi.com